Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 01:42

Aujourd'hui, grandes réflexions scientifiques.

 

C'est vrai, on a tous vu dans Psychologie Magazine et autres trucs pour gens qui ont rien a faire (et si vous ne l'avez pas lu, on vous l'a répété, avouez!) que le psychique et le physique sont liés. "Ah oui pas étonnant qu'elle développe #maladie# vu le traumatisme qu'elle a subi" "Le pauvre chéri, il vaudrait mieux qu'il fasse une psychothérapie".

 

Tout d'abord, permettez-moi de rappeler que le monde n'est jamais noir ou blanc, mais toujours un mélange des deux. Et les gens font partie du monde. Une personne n'est mauvaise que parce que des choses négatives lui sont arrivées, qui l'ont poussée, pour se protéger, à faire ressortir le négatif et l'agressif nichés au fond d'elle. Une pathologie n'est jamais totalement physique ni totalement psychologique. 

 

Prenons un exemple tout bête. Tout physique.

Notre patient est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus sportif et de plus actif. Forcément, un été, il se casse un bras en jouant au foot ball (oui, le foot ball ne concerne pas que les pattes arrières). Double fracture radius-ulna, un bon truc bien traumatique, bien pas lié au stress, pas de terrain favorisant, le truc que les médecins aiment bien (problème A = solution A, très net). Malheureusement, l'opération, dans ses suites, ne donne pas tous les résultats escomptés. Le patient devra être opéré plusieurs fois à la suite de cette fracture, on lui pose tout un attirail de bricoleur (des vis, des broches, la classe), bref, il met un certain temps a retrouver sa condition physique initiale.

Pendant tout ce temps, il est privé de sport, cloué à la maison à regarder ses os cicatriser (ce qui est encore plus rébarbatif que regarder des aiguilles de montre tourner, admettons le). Il va prendre moins soin de lui, son caractère va se modifier et être moins avenant, plus agressif. 

 

D'après cet exemple, et tous les exemples connus de personnes qui dépriment parce qu'elles sont enfermées suite à un problème de santé, montre bien que le physique influe sur le psychologique.

 

Mais je pense qu'il faut pousser un peu plus loin que cela, cette vision est tout de même réductrice.

Etre "malade", c'est un statut social, aussi.

Etre malade, c'est être impotent, inutile. Etre malade, c'est se faire couper les aliments dans l'assiette, rester assis quand les autres rangent et font la vaisselle, c'est guillotiner sa vie sociale. Les personnes alentour ont tendance à vous infantiliser dès lors que votre physique n'est plus au top (ce que les personnes âgées connaissent également).

Etre malade, c'est perdre son indépendance, son autonomie. L'infantilisation empêche l'épanouissement.

 

Toutes ces choses-là influent aussi beaucoup sur le psychologique, qui s'en trouve donc atteint dès lors que le physique est amputé.

 

Prenons un autre exemple tout bête. Tout psychologique.

Notre patiente a subi des agressions sexuelles incestueuses durant son enfance. Ce traumatisme l'a privée d'un développement psychologique normal. Elle connaît de nombreux effets de ce traumatisme, du cauchemar à la crise de panique, et finit par développer une colopathie fonctionnelle à la fin de son adolescence. Les médecins refusent de la soigner car "C'est dans la tête" "C'est le stress". Au mieux lui donnera-t-on des médicaments afin de mieux supporter les symptômes, tout en lui conseillant toujours la même chose "Allez voir un psy, Mademoiselle".

Notre patiente ne s'entend pas avec les psys (eh oui, les personnes qui en ont le plus besoin sont bien souvent les plus récalcitrantes), mais au bout de plusieurs années elle finit par dégoter un groupe de parole destiné aux femmes qui ont subi des  violences, et le fréquente régulièrement. Son état physique s'améliorera progressivement, au fil des séances.

 

Ici on est clairement dans les pathologies qui destabilisent les médecins, surtout la colopathie fonctionnelle qui est connue pour être la "pathologie poubelle" (les patients ont une symptomatique semblable, mais on ne sait pas les soigner. Cependant, donner un nom à leur pathologie leur fait déjà du bien psychologiquement, alors on le fait)

Ce type de pathologie est destabilisant : on a un problème B mais on ne trouve pas de solution B, on est obligé d'essayer une solution C, une solution D, sans vrai résultat tant qu'on a pas trouvé la solution B.

 

Le psychologique influe sur le physique dans le sens ou l'organisme subit un stress et est donc dans une réaction constante de défense (l'organisme au sens biologique, les cellules, les organes, sont en alerte et ont un fonctionnement différent de la normale, la situation de stress est quelquechose de scientifiquement observable). Le patient est conscient que le problème vient de lui et est destabilisé d'en être responsabilisé comme le font les médecins (certains vous diront clairement "Démerdez-vous" ) voire même culpabilisé (les médecins sont des humains comme les autres et comprennent la même proportion de cons que le reste de la population). Il voit bien que les médecins de bonne volonté sont incapables de l'aider et finit par penser que lui seul détient la solution sans jamais parvenir à la trouver. (Ce qui est faut, il y a des thérapeutiques autres que la psychiatrie et la psychothérapie pour aider ces patients-la, sauf qu'on ne le leur indique pas.)

Le phénomène de culpabilisation est un vrai cercle vicieux qui va conduire le patient à se réduire à moins qu'un asticot et souvent aggraver son état physique (pour cet exemple j'ai choisi volontairement une pathologie chronique). 

 

Moins évident, le psychologique qui provoque une pathologie physique aigue.

Le système est toujours le même, l'organisme accumule du stress. Sauf que lorsqu'il le laisse s'échapper, on est dans le shéma cocotte minute : la pression à l'intérieur de la cocotte est telle que tout pète à la gueule du cuistot. Dans ce cadre là, le stress va se manifester par le biais d'une pathologie aigue. On parviendra à la traiter par des moyens médicaux normaux (problème X = solution X ) mais le fond du problème ne sera pas traité, et finira par se manifester à nouveau par un moyen ou par un autre.

Dans ce genre de pathologies, on peut trouver par exemple le zona.

Le zona est un virus frère de la varicelle. Lorsqu'un enfant contracte la varicelle, le virus demeure dans l'organisme même après la guérison sous forme lattente, cachée dans un ganglion lymphatique. Suite à un gros stress, le virus va se manifester à nouveau et infecter un nerf sur le trajet duquel vont surgir de mignons troupeaux de petits boutons.

De nos jours, cette pathologie aigue se soigne très bien, mais les médecins sont bien d'accord sur le fait que le stress est un fort facteur favorisant.

 

L'idée est que ces pathologies dont nous parlons se développeraient peu ou pas sans terrain favorisant. Une personne qui a attrapé la varicelle ne développera pas nécessairement le zona au cours de son existance.

Certaines personnes poussent la réflexion plus loin en mettant quasiment toutes les pathologies dans ce sac-là, jusqu'aux cancers et au VIH, mais je crois que la science a toujours un mot à dire à un moment ou à un autre, on ne peut pas tout charger sur le dos du psychologique.

 

***

 

Voilà quelquechose de bien peu précis, de bien peu scientifique. L'idée, c'est juste de faire réfléchir en donnant quelques armes de départ, de garder à l'esprit que tout est lié dans un corps, rien n'agit indépendamment du reste de l'organisme.

Le sujet que j'ai choisi de traiter est extrêmement vaste et complexe, j'en ai bien conscience. Il n'a toujours pas été résolu aujourd'hui, étant donné l'impuissance des médecins à traiter certaines pathologies. J'ai choisi de vous en parler tout de même ce soir pour que vous puissiez vous aussi faire fonctionner vos neurones à plein régime sur un autre sujet que l'Affaire Bettencourt en ce bel été ensoleillé, quitte à rester dans le superficiel et le surfait, il faut bien partir de quelquepart pour en arriver à un résultat. 

Enjoy!

Par patapon
Un truc à dire? - Déjà 0 blablatements
Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 16:46

A l'heure de ma fin de sieste (eh oui, c'est l'été), mais aussi à l'heure où je dois me remettre à mes mathématiques bien-aimés (eh oui, c'est l'été avant la prépa), une petite vidéo pour se motiver ;)

 

 

Par patapon
Un truc à dire? - Déjà 0 blablatements
Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 21:48

Aujourd'hui, être jeune, c'est forcément être con, et par con on entend immature.

Aujourd'hui, interrogeons nos cerveaux ramollis par la chaleur et les médias. Être mature, c'est quoi? Est-ce qu'aujourd'hui on nous demande plus de maturité qu'autrefois, et plus tôt?

 

Lors de mon septième anniversaire, ma grand-mère a eu la gentillesse de m'informer que j'arrivais à l'âge de raison. Pourtant, depuis ce jour-là, on ne m'a jamais autant répété que je manquais de maturité, mais grandis un peu, agis en adulte, tout ça tout ça, les mêmes souffrances incompréhensibles que mes tous mes concitoyens passés auparavant par l'adolescence et tout ce qui s'ensuit.

 

Mais finalement, quand devient-on réellement adulte? Ma grand-mère bien-aimée a-t-elle connu cette consécration plus tôt que moi, et mieux que moi? que nous?

 

Allons enfants de la patrieuh, cette fois, attaquons le sujet comme le jeune aime à attaquer le Big Mac en période d'abondance.

 

Nous pourrions considérer que oui, l'antique génération est dans le vrai, que rien ne vaut le bon vieux vintage, que rien ne remplacera jamais la bonne vieille banane d'Elvis.

Mais déjà, voilà qu'un contre argument se profile : Elvis n'a-t-il pas cherché à vivre auprès de sa mère toute sa vie, en épousant une femme qui lui ressemblait de façon impressionnante (pour ne pas dire inquiétante...), qui lui ressemblait jusque dans le comportement qu'il lui demandait d'avoir envers lui, afin d'être à tout jamais un petit garçon?

James Dean, lui aussi une légende, décédé à 24 ans pour vivre son rêve de môme jusqu'au bout, aller toujours plus vite.

Je pourrais en trouver bien d'autres, mais je ne suis pas ce qu'on peut appeler une spécialiste en vieux films et autres trucs stylés, je me contenterais donc de poser cette question : une génération qui se choisit comme icônes d'éternels enfants est-elle capable de suivre un autre exemple que celui-là?

 

Vous me direz, ce n'est pas le seul exemple qu'un jeune peut suivre.

Ses parents peuvent en être.

Papa travaille dur pour nourrir sa famille. Quand il rentre à la maison, il installe bruyamment ses vieux godillots sur la table basse et fait sauter ses mômes sur les genoux. Ou alors, il va boire avec ses coupains, parce qu'entre hommes, on a fait la guerre et on se comprend.

Maman travaille dur à la maison, elle s'occupe de ses enfants, de son mari, et de la maison. Si elle n'a pas la chance d'avoir une machine à laver, elle retrouve ses bestass au lavoir (selon les époques).

 

Finalement, les codes n'ont pas vraiment changé. Les hommes boivent toujours entre eux devant un match de foot, et les femmes se font les ongles après un après-midi shopping.

 

Peut-on alors considérer que pour être un homme il faut avoir fait la guerre, et que pour être une femme il faut avoir des enfants?

 

C'est une question plutôt difficile, finalement. Beaucoup vous répondront qu'après ces rituels ancestraux, on est forcément adulte. J'ai envie de dire : pas forcément!

On connaît tous les conséquences parfois dramatiques d'un grand choc psychologique comme peut l'être la guerre, puisque nous sommes à une époque où la psychologie est une grande mode. De la même façon, on a tous à portée de main un exemple d'une pauvre cloche qui n'a pas vraiment mûri après avoir eu ses mômes (qui ont d'ailleurs un sale nom et sont trèèèès mal élevés). De là à dire que ce sont les exceptions qui confirment la règle? Je ne sais pas.

 

Globalement, nous sommes tous d'accord pour dire que nos grand-parents se sont mariés plus tôt et ont fait des enfants plus tôt que nous. Ils exerçaient le plus souvent un métier manuel, nécessitant peu de diplômes. C'était l'époque où le Baccalauréat avait encore de la valeur.

Nos cours d'histoire, qui nous sont dispensés à l'heure où un Bac + 5 ne vaut plus grand chose, nous apprennent que c'est la faute à la Révolution Industrielle, à la Mondialisation.

Aujourd'hui, on fait des bébés jusqu'à 40 ans. Se marier avant 27 ans fait jaser la populace (on ne peut plus dire "village", c'est une espèce en voie de disparition). Aujourd'hui, la vie est à la ville, à la lumière, au moteur, à la machine qui fait tout à notre place, à l'entreprise qui nous vend des choses toutes faites, prêtes à être digérées. Les choses simples sont une perte de temps, nous avons bien mieux à faire, comme par exemple organiser le prochain meeting avec le chef de prod et la directrice marketing. yeah. Oui, car aujourd'hui, nous speakons aussi english. Normal, pour avoir un job il nous faut un doctorat spécialisé dans au moins 3 domaines différents (oui oui oui Madame, à notre époque, une seule compétence est largement insuffisante). Et aussi, pour nous, faire des enfants est une jolie aventure qui se vit et se prévoit comme on planifie les prochaines vacances aux Bahamas.

 

Nos priorités ont changé.

Les générations précédentes s'épanouissaient dans leur vie sociale et leur vie familiale, qui sont aujourd'hui secondaires pour bon nombre d'entre nous, puisque la seule réussite sociale est la réussite professionnelle (qui, cependant, signe une certaine mort des contacts sociaux).

 

On pourrait résumer ainsi :

Nos grand-parents devenaient adultes après avoir eu des enfants ou fait la guerre, nous, nous entrons dans l'âge de raison après avoir obtenu notre diplôme et trouvé un travail.

 

Car au final, c'est bien ça! Aujourd'hui, se prendre en charge financièrement est une marque de maturité. On n'est plus dépendant de ses parents, on peut faire ce qu'on veut, et comme l'on doit gérer son propre argent, on évite les grosses bêtises.

 

Au fil du temps, les marques sociales, les rites de passage à l'âge adulte ont changé. Il y en a, il y en aura certainement toujours, et celles appliquées à nos enfants et petits enfants seront certainement différentes de celles que nous appliquons aujourd'hui, et de celles qui ont été appliquées par le passé.

 

Puisque le débat semble se clarifier quelque peu, laissez-moi l'obscurcir, juste parce que j'aime bien ça.

 

Est-il juste de considérer que, pour être adulte, il suffit d'avoir passé les "épreuves" ?

 

Nous avons déjà vu avec l'exemple d'Elvis et de la cloche que non. Et comme déjà dit, il serait facile de voir les choses plus largement.

Observez, analysez votre entourage.

Votre mère fraîchement divorcée, fraîche tout court, indépendante, épanouie, qui pourtant ne parvient pas à nouer de relation stable avec les hommes parce qu'elle ne cherche que des relations amoureuses qui la rapportent à son enfance.

Votre amie, votre ami, qui vous fait penser à Freud et son petit monde Bisounours à chaque fois qu'il ou elle compare son conjoint à son père ou sa mère, ou même avoue carrément rechercher une âme soeur semblable à son géniteur.

Votre père, qui continue à emprunter de l'argent à tout son entourage sans jamais le rembourser.

Votre grand-mère qui ne sait que faire pour vous retenir auprès d'elle, tant la solitude l'angoisse.

Cette si jolie fille, en boîte, qui a fini par s'endormir en suçant son pouce.

Ou cette femme, pourtant bien avancée en maturité, qui pique les fringues de sa fille et accessoirise le tout de nombreux Hello Kitty choisis avec goût.

 

La vie grouille d'exemples d'adultes qui n'en sont pas.

Chacun est dépendant, à sa manière, différemment, ou comme les autres.

Dépendant de gens, de substances, de gestes.

On peut idéaliser une époque, on n'en change pas le fond du problème : il reste toujours des choses qu'on ne règle pas. On vit avec, on s'en accomode.

 

Nous ne serons jamais des adultes au sens idéalisé du terme. Si nous avons la chance d'être doué d'un certain équilibre mental et social, nous assumerons peut-être plus facilement la vie. Mais de perfection, point n'en existe en ce bas monde. De toute manière, la perfection n'est pas parfaite, elle est ennuyeuse, fade et sans saveur, ce qui nous plaît chez une personne, c'est ce savant alliage de qualités et de défauts qui fait d'elle un être unique, par ce qu'elle nous apporte, et aussi par ce qu'on peut lui apporter.

 

Nous avons tous en nous une part qui est restée dans l'enfance et a besoin de quelque chose. Mais dès le plus jeune âge, nous avons tous quelque chose à apporter à l'autre, aux autres.

Tout le reste est purement social.

Par patapon
Un truc à dire? - Déjà 0 blablatements
Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 00:26

Aujourd'hui, je vous propose de vous plonger avec moi en immersion dans ce dicton bien connu sans l'être qu'est le proverbe « Pierre qui roule n'amasse pas mousse ».

 

En effet, la langue française si chère à nos intellectuels bedonnants est emplie de formules qui, comme le font si bien les formules mathématiques, sont connues dans leur globalité sans que nos petits esprits galopants cloisonnés par la publicité et la pluie ne parviennent à y piper quoi que ce fût-ce.

 

Attaquons ensemble, car il convient de commencer si l'on veut finir. Attaquons par le début car un début mène à une suite avant d'arriver à la fin, et que c'est à la fin et au savoir que nous voulons accéder. Attaquons, donc.

 

PIERRE

 

Ce mot recèle moultes possibilités. Supposons d'emblée qu'il s'agit là du nom commun « pierre ». Nous pourrions supposer qu'il s'agit du nom propre, et que Pierre désigne une personne. Un Pierre plutôt enveloppé comme il en existe beaucoup, car certainement lors que l'avènement de notre bien-aimé proverbe, le prénom Pierre était un prénom aussi répandu que l'est Kévin aujourd'hui (bien que moins poétique, tout se perd). Ce Pierre pourrait être un jeune homme rondelet donc, qui aurait la possibilité de rouler sur lui-même lorsqu'il est dans état de sobriété avancée permettant le roulement, car, soyons honnête, même les individus dans un état d'obésité morbide ont rarement pour passion de rouler sur eux-mêmes. Ce charmant individu apprécierait la bière mais, son sang contenant une concentration non négligeable d'alcool, il serait en train de se rouler par terre et serait donc dans l'incapacité physique de tenir une bière à la main et ainsi d'amasser de la mousse dans son noble estomac. Cette supposition impliquerait la présence d'un verre ou tout autre contenant pour la bière et il n'en est pas ici question, aussi, supposons qu'il ne s'agit pas de ce Pierre-là.

 

Pierre serait donc un nom commun. La pierre, nom commun, désigne une roche quelconque. Pas si quelconque que cela, puisqu'une pierre de la taille d'une montagne éprouverait quelque difficulté à rouler, ce que l'on peut bien comprendre et laissons donc les montagnes bien pépères où elles se trouvent. Nous pourrions considérer les roches en fusion, mais là aussi, le roulement serait impossible. Or il est bien question de rouler par la suite, tout liquide est donc exclu. Nous considérons donc une roche dont la taille permet le déplacement.

 

QUI ROULE

 

La pierre roule. Cela, nous le comprenons maintenant. Mais où? Cela il n'en est pas question. C'est pourtant d'une importance capitale. La pierre est-elle de faible volume et roule-t-elle dans l'atmosphère? Cela impliquerait une absence relative de frottements, puisque la pierre n'aurait pas de contacts avec un quelconque corps solide. Mais la pierre doit bien être en contact avec la mousse afin de pouvoir l'amasser, sans cela la pierre qui roule n'amasse rien et il n'est plus de proverbe, et nous ne sommes plus ici à disserter ensemble, et la vie est bien triste.

 

Admettons que la pierre roule autre part, donc. Il n'est pourtant pas question de son environnement, cette absence d'informations nous complique un peu le cervelet, mais croyez-moi, nous parviendrons bien à une conclusion, car si je ne conclus pas on ne se quitte pas, et il faudra bien pourtant que je vous quitte pour aller manger mes Babybels.

 

Supposons que la pierre roule dans l'eau. Est-elle en contact avec le fond, cela sera difficile à déterminer, car l'eau peu contenir des micro-algues que la pierre pourrait fixer à elle en flottant. Mais pour flotter, il faudrait admettre que sa masse volumique est inférieure à celle de l'eau, ce qui ne nous arrange pas non plus. En considérant les multiples possibilités de composition d'une roche, on pourrait également examiner l'éventualité que la pierre soit formée uniquement de sodium, et qu'elle se dissolve dans l'eau. En ce cas elle ne pourrait rien amasser, même s'il s'agissait d'une roche de taille importante, puisqu'elle serait toute occupée à fondre comme un glaçon dans un verre de coca chaud. Elle pourrait rouler au fond et amasser la mousse qui pousse au sol, mais le touriste que vous avez bien été au moins une fois dans votre petite vie qui était bien triste avant de me connaître, vous avez bien dû remarquer que si l'on marche sur des algues, ça glisse terriblement et on se retrouve vite avec les fesses toutes mouillées dans une rivière froide.

 

Le plus simple serait alors de considérer que la pierre roule sur le sol, bien par terre de chez nous qu'on connaît. Elle pourrait alors amasser plein de trucs dans sa course. Mais je parle de course! Est-il question de vitesse? Non! Là aussi, on nous laisse, pauvre petit nous, dans l'ignorance. La pierre roule-t-elle vite? Ou son mouvement n'est-il dû qu'à l'érosion du terrain où elle est installée? Auquel cas, on comprendrait bien l'accumulation de mousse, qui pousserait directement là où l'on souhaite la voir. L'expérience promet d'être longue!

 

N'AMASSE

 

Il est question d'amasser. Donc, à terme, d'obtenir une certaine masse de mousse. Sachant que la mousse, par définition, est aérée et donc pas très lourde, cela aussi peut prendre du temps. Mais là encore, l'imprécision règne et il n'est pas question du tout de na masse de mousse que l'on obtient au final. N'amasse implique cependant de partir avec une masse de mousse nulle, et d'en obtenir une supérieure à la nullité en fin de roulement de pierre amassant de la mousse. On peut définitivement rayer notre ami Pierre alcoolique, dont la bière mousseuse retournerait en bière et ne se fixerait pas sur la pierre, ou alors dans des quantités vraiment infimes que ma balance de cuisine n'oserait déceler (la vilaine).

 

PAS

 

Pas affirme la négation. Oui. J'ai bien dit. Car en lisant ce fameux proverbe qui nous tient en haleine, l'idée retenue dans nos esprits primaires est bien « pierre » « amasse » « mousse ». En français courtois, le pas est en option. Mais c'est oublier que les proverbes sont populaires et donc, par définition, destinés au peuple, lui-même plus ou moins ignorant par définition (ne prenez pas ces mines ulcérées, jamais aucun proverbe n'a désigné le peuple comme étant instruit et fin, et si c'est le cas, nous l'analyserons prochainement pour le plaisir de nous contredire). Il convient donc d'insister pour nous faire passer quelque message que ce soit, afin que l'information parvienne jusqu'à notre haricot, ce qui n'est pas gagné d'avance. La pierre qui roule n'amasse pas de mousse. C'est une information difficile à assimiler, n'est-ce pas, tandis que depuis tout à l'heure nous nous acharnons à démontrer le contraire. Mais c'est par pur esprit de contradiction et ne me laissez pas ici continuer seule, car le meilleur arrive bientôt, et qu'il faut encourager l'esprit de critique, même lorsqu'il est question d'un proverbe ancestral.

 

MOUSSE

 

Je vous avais bien dit que le meilleur arrivait... Mousse... Ce mot recouvre bien des sens. Nous avons évoqué la mousse de la bière, nous pourrions l'étendre bien davantage, à toutes les boissons pétillantes, mais une boisson non alcoolisée n'ayant jamais poussé personne (et surtout pas de Pierre) à se rouler par terre, nous nous tiendrons à l'extension au champagne, bien qu'une cuite au champagne pour un homme du peuple soit difficilement envisageable, je le conçois.

 

Il y a aussi le mousse matelot, hisse et haut, navigant sur l'océan, droit devant. Celui-là sera difficile à amasser, car il faudrait admettre que la pierre est de grande taille et enduite de glu, et il n'est pas question de glu dans le proverbe. Et oui, peut être n'avait-on pas encore inventé la glu lorsque l'on a inventé ce proverbe, mais cela signifierait que la personne qui a pondu cette oeuvre avait le don de prémonition, et ça, ça n'arrive qu'à la télé, ou pour d'autres trucs, pas pour des proverbes.

 

Il y a la mousse végétale, que nous avons déjà évoquée aussi. S'il s'agit de mousse terrestre, bien humide, qui glisse sous la semelle mais solidement accrochée à son tronc ou sa pierre immobile (et donc, qui ne roule pas!), la pierre aura effectivement des difficultés à l'amasser. Même en considérant une pierre de taille et de poids plus important, le problème demeure puisque si la masse de la pierre est trop élevée, elle n'amasse pas, elle écrabouille. Une pierre très rugueuse va disperser la mousse après l'avoir cassée, ce qui ne nous arrange pas non plus. Concernant la mousse aquatique, nous avons déjà évoqué combien elle glissait, et elle ne nous permettra pas non plus de résoudre ce problème.

 

Reste la meilleure, la mousse au chocolat! Oui bon, de la mousse aux fruits, si vous préférez, c'est bientôt l'été. Cela dit, je reste persuadée qu'avec de la mousse au chocolat La Laitière l'expérience fonctionnera mieux, car la mousse est plutôt dense pour une mousse mousseuse qui se laisse amasser, et elle garde bien sa forme, nous évitant le problème de la mousse de bière qui revient facilement à l'état liquide.

 

Si l'on roule une pierre dans la mousse au chocolat, oui oui, elle en amasse! Le sucre du chocolat permet à la mousse de se fixer à la pierre, et sa texture nous assurera un enrobage de qualité pour la pierre.

 

Nous allons nous quitter sur cette belle conclusion. Oui, les pierres qui roulent peuvent amasser de la mousse! Grâce à moi vous pourrez briller en société et remonter un peu le niveau d'intelligence nationale... En attendant, retournons manger (de la mousse au chocolat, pour achever cette charmante analyse comme il se doigt (dans la mousse, mais c'est pas très poli) ).

Par OverBlog
Un truc à dire? - Déjà 0 blablatements

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus